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AION : 28 entreprises françaises unissent leurs forces pour construire des gigafactories IA en Europe

Iliad, EDF, Orange, Hugging Face, Kyutai, Capgemini... 28 entreprises françaises se regroupent dans le consortium AION pour répondre à l'appel à projets européen des gigafactories IA. Un projet de 10 milliards d'euros qui repositionne la France dans la course à la souveraineté artificielle.

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⚡ L'actu en 45 secondes

28 entreprises françaises dont Iliad, EDF, Orange, Hugging Face et Kyutai annoncent le consortium AION pour construire des gigafactories IA en Europe. Objectif : 10 milliards d'euros d'investissement et 1 gigawatt de puissance électrique pour garantir la souveraineté artificielle de la France.

La Commission européenne lance un appel à projets pour créer des gigafactories IA sur le continent. AION répond avec la plus grande coalition industrielle jamais rassemblée en France autour de l'intelligence artificielle. « Toutes les entreprises vont utiliser l'IA, la question c'est : où est-ce qu'on la fabrique ? », résume Damien Lucas, directeur général de Scaleway (filiale d'Iliad).

Pour les PME françaises, ce projet change la donne : une infrastructure souveraine signifie un accès à la puissance de calcul IA sans dépendre des géants américains. Voici ce que cela change concrètement.

Le contexte

L'intelligence artificielle générative repose sur des modèles toujours plus grands, qui nécessitent des ressources de calcul massives. Ces ressources sont aujourd'hui contrôlées par quelques géants américains : Microsoft (Azure), Amazon (AWS), Google (Google Cloud). L'Europe dépend donc de ces infrastructures pour faire tourner ses propres modèles et ses propres applications IA.

La Commission européenne a décidé d'agir en lançant un programme de gigafactories IA sur le continent. L'idée : créer une infrastructure souveraine qui permette aux entreprises européennes d'accéder à la puissance nécessaire sans passer par des serveurs américains. Le budget prévu pour l'ensemble de l'Europe se compte en milliards d'euros. La France, avec AION, entend être parmi les pays sélectionnés.

Le problème actuel pour les PME françaises est triple : le coût de la puissance de calcul IA, la dépendance aux infrastructures américaines, et le risque de décalage technologique avec les entreprises américaines qui accèdent plus facilement à ces ressources. AION vise à adresser ces trois points.

Le consortium AION en détails

Le consortium AION réunit 28 entreprises françaises représentant toute la chaîne de valeur de l'intelligence artificielle :

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Télécoms et cloud

Iliad (Free), Orange, Scaleway (filiale cloud d'Iliad) — ces entreprises apportent l'infrastructure réseau et le savoir-faire data center. Scaleway coordonne le projet avec Damien Lucas. Investissement prévu : 4 milliards d'euros pour Iliad seul.

Énergie

EDF — garantit l'approvisionnement en électricité de ces sites ultra-consommateurs. Sans énergie accessible et à moindre coût, pas de gigafactory viable.

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Conseil et intégration

Artefact, Capgemini — apportent l'expertise déploiement et conseil pour aider les entreprises à utiliser ces infrastructures.

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Matériel et hardware

Bull (groupe Atos) — conçoit et livre les supercalculateurs nécessaires à l'entraînement des modèles. C'est le seul fabricant européen de semi-conducteurs haut de gamme encore en activité.

💰

Finance

Ardian, Crédit Agricole — les fonds d'investissement mobilisés pour financer le projet. Au total, l'investissement dépasse les 10 milliards d'euros sur plusieurs années.

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Start-ups IA européennes

Hugging Face, Kyutai, LighOn — ces fleurons de l'IA française et européenne apportent leur expertise en modèles, en entraînement et en déploiement. Elles seront les premières utilisatrices de cette infrastructure.

Les enjeux concrets pour les PME françaises

Pour une PME française qui veut intégrer l'IA dans ses processus, le problème n'est pas uniquement le coût des abonnements SaaS. C'est aussi la dépendance à des infrastructures américaines pour l'hébergement de données sensibles, le coût de la puissance de calcul pour les modèles personnalisés, et le risque que les outils IA disponibles en Europe restent en retard sur les versions américaines.

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Accès à une infrastructure souveraine
Avec AION, les PME françaises pourraient utiliser des services IA hébergés sur le territoire européen, sans transfert de données hors Europe. Important pour les secteurs régulés (santé, finance, défense).
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Réduction des coûts d'accès à la puissance de calcul
Une gigafactory européenne signifie une concurrence accrue avec les fournisseurs cloud américains, ce qui peut faire baisser les prix pour toutes les entreprises. Moindre coût pour les modèles personnalisés.
🔗
Écosystème d'innovation local
AION réunit start-ups IA, grands groupes et fonds d'investissement. Les PME qui s'inscrivent dans cet écosystème peuvent bénéficier de collaborations, de transferts de technologie et de visibilité auprès des grands comptes.
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Économie locale et emplois
Au-delà de la technologie, le projet AION générera des milliers d'emplois directs (data center, maintenance, supervision) et indirects (intégration, développement, conseil) sur le territoire français.

Les défis à surmonter

La question énergétique

Une gigafactory IA consomme autant d'électricité qu'une ville moyenne. Trouver des sites avec accès à une puissance de 100 mégawatts à 1 gigawatt, avec des raccordements adaptés, est un défi d'infrastructure massive. EDF est impliqué pour adresser ce point, mais le délai de raccordement peut prendre des années.

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Les délais de construction

Construire une gigafactory prend du temps. L'appel à projets européen doit rendre sa décision dans les prochains mois, mais la construction d'un centre de données de cette envergure prend entre 2 et 4 ans. L'Europe est en retard sur les États-Unis et la Chine en termes de capacité installée.

🧠

La concurrence internationale

Les autres consortia européens (Allemagne, Pays-Bas, Finlande) sont également en lice. La Commission européenne ne financera pas tous les projets. La France doit prouver que son consortium est le plus crédible et le plus à même de livrer une infrastructure opérationelle rapidement.

Questions fréquentes

Qu'est-ce qu'une gigafactory IA ?

Une gigafactory IA est un centre de données de très grande capacité, conçu pour entraîner et faire fonctionner des modèles d'intelligence artificielle à l'échelle industrielle. Contrairement aux data centers classiques, elle nécessite une puissance électrique massive (jusqu'à 1 gigawatt) et des infrastructures de refroidissement extrêmes.

Pourquoi les PME françaises doivent-elles s'intéresser à ce consortium ?

AION ne se limite pas aux grandes entreprises. Le consortium inclut des start-ups IA (Hugging Face, Kyutai), des fonds d'investissement et des fournisseurs de services. Les PME françaises pourront accéder à cette infrastructure via des offres cloud souveraines, créant un écosystème où les petits acteurs peuvent eux aussi bénéficier de la puissance de calcul réservée aujourd'hui aux géants américains.

Quel est le calendrier de ce projet ?

L'appel à projets de la Commission européenne doit sélectionner les consortia winners dans les prochains mois. AION vise à déployer une première capacité de 100 mégawatts dès 2027, avec un scaling progressif jusqu'à 1 gigawatt. La France entend être sélectionnée pour accueillir au moins une gigafactory sur son territoire.

Quel impact pour les entreprises qui travaillent avec l'IA au quotidien ?

À court terme, peu de changement direct. Les outils IA actuels (ChatGPT, Claude, Gemini) continueront de fonctionner. À moyen terme (2027-2030), l'émergence d'une infrastructure souveraine signifie des offres IA conformes RGPD, hébergées en France, avec des coûts potentiellement inférieurs grâce à la concurrence. C'est une bonne nouvelle pour les PME qui hésitent à adopter l'IA pour des questions de conformité.

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